Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 00:31

C'est l'histoire d'un président petit de taille mais qui imagina que l'histoire aurait pu lui donner de la hauteur. Après avoir été aidé par ses amis ricains pour téléguider par satellite et awacs ses tirs de rafales sur ceux qui avaient refusés de les lui acheter, le voilà paradant en pays conquis. Dire qu'il prétendait avoir interrogé le manouche berbère du champ de mars à propos des droits de l'homme avant de se faire moucher par ce dictateur libyen qu'il avait cependant accueilli en héros à Paris. Se moquant de la justice le chanoine de Latran se fit accompagner au pays de l'or noire par son ministre des affaires étrangères qui se fait à chaque fois damer le pion par le philosophe de pacotille BHL ou le flic de la république Claude Guéant. Cette fois pourtant, Alain Juppé était du voyage, lui qui était convoqué au tribunal ce jour-même mais sans doute s'agit-il d'un hasard du calendrier qui permit au Président de soustraire son ministre à ses obligations de citoyen et de justiciable. Ce n'est tout de même pas le justicier international, le Zorro de la diplomatie qui en aurait eu l'intention!

kadhafi-sarkozy.jpg
On comprend par ailleurs, que soucieux des droits de l'homme et empreint de justice, le chef de l'état n'ait pas fait de remarques quant à l'instauration de la charria en Lybie par le représentant de l'organe que ce nouveau Napoléon en terre africaine s'est empressé d'être le premier à reconnaître. Cet empressement fut extrêmement commode pour légitimer la correction qu'il rêvait d'infliger à son ami d'antan qui l'avait ridiculisé lors de sa visite dans l'Hexagone.

Bon et si on passait aux choses sérieuses maintenant? Contrat d'armement avec rétrocomissions et échange de nos barils de poudre contre moultes barils de pétroles afin de reconstruire à leurs frais le pays que nous avons détruit.

Parlez-moi des droits de l'homme et je vous fous mon poing sur la gueule sauf le respect que je vous dois.

Albert

Par Ducdame - Publié dans : Courtes Lignes
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 19:13

Censuré en 1939 par le ministère français des Affaires étrangères, détruit en 1940 par les Allemands, le traité classique de psychologie sociale auquel j’ai emprunté ce titre, a été finalement réédité au début des années 1950. [1]

le-viol-des-foules-par-la-propagande-politique.jpg La Grèce sera bientôt en faillite. Pour nous éclairer sur les origines de cet endettement colossal au berceau de la démocratie, un reportage de l’émission de France 5, C dans l’air, a été consacré quant à la responsabilité de Goldman Sachs dans la crise de la dette grecque ou comment la Grèce a réussi à camoufler ses dettes en vendant ses actifs futurs au moment de son entrée dans la zone euro.
Lors même que nous savions le pays dépourvu de systèmes de contrôles et d’organisme rigoureux permettant de rendre des comptes à leurs créanciers qui se sont portés volontaires au niveau européen en vue de prendre en charge la dette grecque, nous avons accordé des milliards d’euros aux dirigeants parmi lesquels le premier ministre Papandreou disait déjà fin 2009 que « ce n’est pas le déficit qui est à l’origine de la crise grecque mais la corruption systémique ». Cela revenait à verser de l’argent dans un puits sans fond mais qu’importe car l’abime créé au niveau Européen en vue de combler le trou hellénistique est initié par les états afin que les restrictions et les mesures d’économies pour relancer la machine économique d’enrichissement des élites industriels et politiques soient acceptés par les peuples européens..       
Pendant ce temps, les politiciens parcourent la France pour obtenir les voix nécessaires à leur élection présidentielle de 2012. Le parti lévogyre de l’Hexagone qui n’a de gauche que l’appellation et dont le courrier international de janvier 2011 disait qu’elle était la plus bête du monde, rivalise en bassesse avec le centre de la gauche ou de la droite et avec la droite elle-même. On y distille, tantôt, des phrases assassines, tantôt des coups bas qui se multiplient sous forme de boules puantes comme disent nos médias à l’ère où le bel esprit est représenté par Bigard, chantre de l’élégance française en matière d’humour qui accompagna autrefois le chanoine de Latran aux pieds des prélats du Vatican et à la cheville du Pape.
Comme d’habitude, fusent promesses et projets qui ne verront jamais le jour mais qu’importe « Il faut seulement ne pas perdre de vue qu’aujourd’hui les masses ressentent le besoin de participer activement à une démocratie plus directe, plus engagée dans la vie quotidienne. Il ne suffit plus de formes démocratiques ; on veut des rites démocratiques : Réunions de masse, fêtes et jeux, tendent à constituer une sorte de liturgie, dont les jeunes surtout sentent l’exigence ».1
Alors vivent les sondages qui donnent l’impression d’être en attente du tirage afin de voir si l’on est dans les gagnants. Que déambulent les pontes du parti sur les marchés pour y serrer les mains des travailleurs et des chalands en affichant des sourires amidonnés. Ah la belle hypocrisie dont chacun s’accommode, tandis que les candidats éligibles ont déjà négocié avec l’adversaire les acquis des sortants et les concessions nécessaires au soutien des gagnants qui se sont d’avance partagé les postes clefs mais que cela n’empêche personne de voter car l’illusion de la démocratie est l’habit indispensable au maintien de l’oligarchie qui règne au pays de Voltaire.
Les banques ont été renflouées par les particuliers qui n’en sont pas devenus pour autant propriétaire, ce qui constitue bien le seul cas où l’argent versé en vue d’éviter la faillite ne donne pas le droit à la propriété. Ces institutions financières ont profité de cette remise en forme pour éponger une dette grecque dont les européens à nouveau auront à supporter les frais. Pendant ce temps, le contribuable apprend que  « ...460 millions d’euros annoncés en douce par François Fillon au milieu du plan de rigueur de 11 milliards d'euros, serviront à payer l'amende dans l'affaire des frégates de Taïwan. Le 11 juin dernier, l'Etat a été condamné à verser cette somme pour avoir arrosé des intermédiaires dans la négociation de vente de 6 frégates. Une affaire qui reste obscure, les gouvernements successifs ayant toujours opposé à la justice le secret-défense. » Ajouté à l’affaire Bettencourt, l’Irangate, Karachi, les 40 millions d’euros des dictateurs africains versés à Chirac et Villepin par le porteur de valises, de sacs de sports ou de djembés, Robert Bourgui, tout cela explique pourquoi les éligibles sont irascibles. En effet, le peuple continue à jouer au Lotto en vue d’espérer quelque fortune alors que la politique semble le chemin le plus sûr de disposer de la clef du tiroir-caisse. Dès lors les candidats se livrent une guerre sans merci, Chirac vs Sarkozy, Ségolène vs Martine, Morin vs Borloo ou Bayrou, Marine vs Le Pen etc… Peu importe ce qu’il faut combattre, même si c’est son ombre, l’argent en vaut querelle.
En démocratie il faut obtenir l’apparence d’un consentement de masses par le vote majoritaire, ce qui s’opère à l’aide la propagande politique par le viol des foules dans les oligarchies de la cinquième république

Albert


[1] « Le viol des foules par la propagande politique » - Serge Tchakhotine Editions Gallimard 1952
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie
[3] http://www.unehistoiredeladette.fr/2010/05/22/la-responsabilite-de-goldman-sachs-dans-la-crise-de-la-dette-grecque/
[4] http://www.slate.fr/story/43163/corruption-facture-fregate-taiwan-ministeres
[5] Chirac qui a retrouvé la mémoire et entend porter plainte dans cette affaire alors qu’il ne se souvient plus de ce qui concerne la mairie de Paris. Il serait intéressant de consulter un médecin e vue d’obtenir d’avantage de renseignements quant à la maladie d’Alzheimer afin de savoir si la mémoire sélective et opportunément fortuite est une caractéristique de la maladie dont souffre l’ex=président !
[6]http://www.marianne2.fr/Pierre-Pean-Villepin-ne-doit-pas-etre-l-arbre-qui-cache-la-foret_a210284.html?preaction=nl&id=5906877&idnl=26454

Par Ducdame - Publié dans : SciViTe
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 20:03

Dire que les banques sont responsables de tous nos maux revient à dire que les armes sont responsables des militaires. Les banques sont des outils au service de techniques d’échanges économiques. Le seul et vrai responsable reste celui qui les a créés en vue d’obtenir une hégémonie mercantile grâce aux lois permissives promulguées dans le cadre d’un marché dit de libre concurrence. Ces lois sont concoctées dans des bureaux de lobbying et de think-tank[1] au service de sociétés aux positions dominantes qu’elles soient privées ou anciennement publiques et donc viciées par le financement illégal mais incontournable des pouvoirs politiques. Les fortunes occultes accumulées obligent les partis à renvoyer l’ascenseur et l’ouroboros est ainsi rassasié.
Nous nous étonnons faussement aujourd’hui des faillites de systèmes économiques et des chutes de côtes de bourse.[2] Or dans le premier cas, il est indéniable que des pays endettés qui rachètent des dettes ne peuvent que d’avantage s’endetter. N’est-ce pas en forgeant que l’on devient forgeron ? Cela est d’autant plus marquant que le système de dévaluation ne peut valablement fonctionner si le garant et l’endetté se trouvent dans le même système monétaire.[3] Dans le deuxième cas, en utilisant la spéculation comme moteur des variations des indices boursiers, on a forcément créé un système de valeurs qui n’a plus aucun rapport avec la réalité et dont le pari est devenu la technique qui détermine les achats et les ventes de pans entiers de notre économie.
DollarGunBarrel.jpg
L’argent est maintenant un produit en soi dont l’achat des dettes et la spéculation boursière sont devenus les modes de fonctionnement qui ne peuvent être que gagnants sinon l’économie s’en trouverait menacée et le pouvoir menacé. Eh oui, le pouvoir aussi est partie prenante dans le jeu économique car il n’y a de partage entre le politique, le social et l’économique que l’illusion d’une indépendance des pouvoirs car cette indépendance sous la cinquième république est inexistante.
La responsabilité d’une défaillance économique est donc politique mais dès lors, faut-il faire confiance aux partis pour procéder à des changements par la technique dite démocratique du vote majoritaire issu des urnes quand il apparaît que l’élection, voire la réélection, des membres de partis politiques semble la principale préoccupation de ces partis ? Si le mal ne peut soigner par le mal, faut-il faire appel au bien après l’indignation exprimée face aux excès du capital ?
L’humanité est devenue manichéenne et dès lors ne choisit qu’entre les voies qui mènent aux extrêmes. Stabilité ou révolution, gauche ou droite, clan de dirigeants élitistes ou indignés conviviaux sans meneur, capitalisme ou communisme, dictature ou anarchie, etc…
Reste pourtant une troisième voie possible qui n’est pas le centre amorphe, réservoir d’indécis et de politiciens ostracisés par des dirigeants mégalos qui remanient leurs gouvernements en fonction des mouvements de sympathie qui consolident leurs clans à gauche comme à droite. Cette troisième voie est celle de l’altruisme prenant le pas sur l’égoïsme, consistant à définir les modalités d’une vie communautaire, harmonieuse et respectueuse de l’environnement afin d’assurer une qualité et un cadre de vie décent pour tous. A ce titre, liberté, égalité et fraternité sont effectivement les trois piliers de beauté, force et sagesse nécessaires à l’humanité pour assurer l’épanouissement de chacun.
Un ami m’a fait remarquer qu’il y avait antinomie entre égalité et liberté en ce que la notion d’égalité suppose une mise à niveau obligatoire des individus sans tenir compte de leur capacité et autonomie de réalisation personnelle qu’il ne peut assurer que librement. C’est pourquoi il faut que le terme égalité soit considéré dans son acception de « égalité de chances à pouvoir se réaliser » quels que soient l’origine, la religion, la race, le sexe ou tout autre caractéristique des Hommes qui aujourd’hui servent de dénigrements, voire de critères de différenciation entre les individus.
Force est de constater qu’il n’y a pas d’égalité naturelle sinon il faudrait lester les poches de certains athlètes du 100 mètres afin qu’ils arrivent sur la ligne d’arrivée en même temps que le plus lent d’entre eux. En revanche, chacun doit pouvoir prétendre s’entraîner et accéder à la formation en vue de participer à ce 100 mètres et ce sera à l’individu d’apprécier ses compétences.
Du point de vue social, élaborer un projet de société à partir des sociétés existantes en se donnant le temps de réaliser les changements nécessaires en vue d’aboutir à un monde capable de rendre le présent acceptable et l’avenir envisageable en fonction de l’adaptation qu’exige l’environnement social et naturel voilà quel est le véritable enjeu dénué d’orgueil et d’individualisme de nos sociétés.
Un plan d’accompagnement d’espoir par opportunité d’avenir de tous est le programme réaliste auxquels doivent s’atteler les citoyens de ce monde qui inscrirait dans ce vaste programme la place des animaux, des végétaux et du minéral avec des droits partagés pour que nous puissions vivre en harmonie.
Dans l’immédiat cela passerait par la réappropriation des leviers de l’économie au bénéfice de la collectivité, ce qui sous-entend la nationalisation des banques et des ressources naturelles, énergétiques, des transports en commun, etc… Il faut abolir la politique de partis et lui préférer les programmes élaborés par des associations de citoyens sur base du bien-être commun et du bonheur de vivre ensemble ainsi que la désignation par ces mêmes citoyens de représentants courageux qui dans l’abnégation consacreraient leurs connaissances et leurs expériences à mettre en place le programme choisi par tous. Cela n’empêchera pas ceux qui veulent absolument s’enrichir mais il ne peut y avoir de riches au détriment des pauvres. Sinon cela voudrait dire que l’arme ultime est à nouveau entre les mains de quelques-uns et que celle-ci fera à nouveau Bank Bank pour protéger le bien mal acquis.

Albert


http://fr.wikipedia.org/wiki/Think_tank
[2] http://www.mediapart.fr/journal/economie/010911/crise-la-grece-coule
[3] http://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/RIMBERT/20934

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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 19:41

Ce que nous savons de Marseille, c’est ce qui nous est révélé par les médias et les politiciens en manque de légitimité coercitive afin de n’être pas confondu avec l’extrême droite dont ils sont pourtant de fidèles reflets. Faisons donc l’inventaire de ces savons auxquels nous croyons : Insécurité, oui ; chômage, certes ; immigration, certainement ; pauvreté, sans conteste… mais ne sont-ce pas là les conséquences d’un sacrifice volontaire de la cité qui sous l’égide de notre dame de la Garde eut pu servir d’exemple de multiculturalisme et de créolisation. Les peuples, sur les deux rives de la méditerranée s’accordent sur des modèles de démocraties populaires naissantes par révolution et persistantes par l’expression de l’indignation face aux excès de ceux qui sont élus pour en être les garants et abusent de pouvoirs empruntés.
savon-de-Marseille.jpg
Quoi ? Allons-nous, une fois de plus, accepter que l’on fasse le procès du peuple pour sauver l’honneur du roi ? Tous ces savons ne laveront pas le déshonneur de nos dirigeants qui sabrent dans les dépenses publiques et créent de l’insécurité par une réduction massive du nombre de contractuels tout en protégeant les revenus du capital et en favorisant la délocalisation de la production sous prétexte liberté de marchés
[1].
César réveille-toi, ils sont devenus fous ! Si le militaire sait que c’est en pas Guéant que la Marseillaise est cadencée, il ne faut pas oublier que le Marseillais rame suite aux décisions des politiciens et aux effets d’un capitalisme inhumain dont les divers sinistres de l’intérieur et leurs acolytes sont responsables. Puisqu’ils ont retirés les pavés, que les massaliotes prennent leurs briques de savons et les balancent comme les pavés d’autrefois sur ceux qui ruinent leurs espoirs d’avenir et qui empêchent la cité phocéenne d’être le havre des échanges du bord de la mer au milieu des terres comme la nommait autrefois Isidore de Séville[2].
Manille.jpg
Claude tu me fends le cœur[3]et chez toi c’est une manille de décevoir ! Est-ce parce que ton partenaire se croit Maître du jeu que tu penses pouvoir te défausser ou est-ce parce que tu n’as pas un seul atout à mettre sur la table ? A la colère des Marseillais, ne leur répond pas : « Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n'est plus la peine de jouer aux cartes », car tu n’es pas leur ami, ramasse tes cartes car en 2012, à la prochaine donne tu ne seras plus des leurs.

Albert


[1] L'existence du marché, avec ses règles qui cherchent à assurer la «liberté» des échanges, est l'expression même de la citoyenneté. Le concept du marché «libre» qui s'auto-réglemente selon des lois «naturelles» serait ainsi non seulement la négation de la liberté et de la citoyenneté mais, paradoxalement, la négation même du marché en tant qu'expression de la citoyenneté. Cette déformation du sens du «marché» découle de l'acceptation, dès le XVIIIe siècle, que la liberté du citoyen était compatible avec la soumission personnelle (par «libre» contrat et pendant les heures de travail) aux propriétaires des moyens de production. A partir du moment où on a accepté cette non-liberté (selon les critères «pré-modernes») comme étant en fait de la liberté, on a pu voir le non-citoyen comme citoyen et le marché non-réglementé (le non-marché) comme la forme la plus pure du marché. Cette confusion trouve son expression la plus claire dans la conviction qu'on peut «laisser aller» les marchés tout en restant citoyens. Dans cette voie il n'y a en fait ni liberté, ni citoyenneté, ni marché. (Source : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1549064)
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Isidore_de_S%C3%A9ville
[3] http://www.regietheatrale.com/index/index/thematiques/auteurs/Pagnol/marcel-pagnol-extrait-de-marius.html

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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 18:48

A mon frère A,

Ce texte n’a aucune autre prétention que celle de faire part de mes réflexions à qui veut les entendre, est-ce le mal par le mal ou mieux encore la lettre avant la lettre puisqu’initialement ces réflexions étaient destinées à mon Frère A qui entendait adresser un courrier à notre Frère B ? Voilà que sont définis les protagonistes, voyons dès lors ce qu’il en est du contexte.

Il apparaît souvent que amis ou membres d’une même famille souffrent mutuellement de malentendus qui mettent en péril leur affection réciproque ou pour le moins en difficulté la possibilité d’exprimer spontanément cette affection. Malentendus ? Certes mais quels sont les mots qui furent mal entendus ou quels termes se sont sédimentés sous forme de substrats d’incompréhension mettant en exergue l’acuité de ce lien d’Amour qui les unissait autrefois et qui apparaît désormais comme un écueil sur le flot torrentueux de leurs différends. Désormais, c’est cet écueil de terre qui menace le marin qui cherche à accoster. Quel absurdité d’être confronté à la noyade si proche de la rive et par l’émergence même de cette rive au large d’un horizon que jamais on ne perd de vue. Il en est de même pour les hommes dont les flots de paroles pernicieuses ont par des tempêtes d’emportement mis à mal la relation affective qui les relie, et là aussi ce ne sont pas les mots qui les blesse mais cet écueil d’affection qui vient sourdre au creux des bourrasques et qui leur rappelle combien ils se sont aimés.

Pourquoi ne sont-ils pas parvenus à serrer les dents pour éviter ces logorrhées de reproches ? Est-ce parce que le besoin d’exprimer la méprise de certaines situations vécues passe par ces mots qui seront forcément mal entendus ? C’est cela, précisément, le fait d’en parler avec force expurge le souvenir néfaste et conjure le remords qui hante les lâches préférant se taire alors que la situation exige la virilité d’une confrontation belliqueuse et peu importe le dégât si le conflit est juste. Alors, ils cherchent leurs mots, les disent, les écrivent, les imaginent et ces locutions vocales ou scripturales se transforment de mots en maux qu’ils s’infligent à nouveau comme s’il fallait souscrire systématiquement à cette pensée mystique véhiculée par toute religion « le pardon » pour « la faute ». Il semble que dans ce monde les hommes ne sont pas capables d’admettre que les vérités peuvent être différentes pour chacun. Ce qui apparaît comme une faute pour l’un n’est pas d’évidence une faute aux yeux de l’autre et de plus qu’importe de juger son frère, n’est-il pas plus important de l’aider en acceptant ses maladresses et ses erreurs et en l’aidant par l’attention et l’amour à surmonter cette épreuve si nous sommes convaincus qu’il fait fausse route ? Dès lors le silence correspond à la patience et non à de la lâcheté et le suprême sacrifice fraternel est de supporter le poids de cette incompréhension dans l’attente d’en être libéré par la prise de conscience de l’autre.

Il faut laisser le temps au temps et prendre par rapport à son œuvre un tel recul que l’instant présent se vive sans les douloureux souvenirs d’un passé dépassé afin que l’avenir se bâtisse sans les mots annotés qui peuvent ressurgir quand affaiblis nous échappons à notre propre contrôle et nous nous permettons à nouveau de juger l’autre.

Le temps lui-même à besoin d’espace et c’est sur ce terrain que germe la vie et l’Amour, c’est là que grandit la famille, se réunissent les amis et passent les gens remarquables avant qu’ils ne quittent cette terre en échappant définitivement à l’œuvre du temps. Ce terrain est l’espace dans lequel nous vivons et construisons tous les jours ce qui sera nos souvenirs de demain, tant qu’il restera une seconde de vie, il restera suffisamment de temps pour trouver l’apaisement mais au plus tôt on s’emploie à le trouver et à l’enseigner par son attitude et son abnégation, au plus long sera la route paisible qui nous mène au-delà et sur laquelle nous accompagnons les gens que nous aimons dans un quiétude qui se passe de mots et des écrits.

Il est temps pour tous les hommes de reprendre une voie plus sereine où le regard et l’étreinte donnent sens à nos existences dénuées de conflits car le seul intérêt que nous nous reconnaissons n’est pas matériel mais affectif, c’est celui d’être ensemble et de donner à nos enfants l’exemple d’une famille où ils pourront se ressourcer de bonheur et de joie.

la-fraternite.jpg

NB : J’ai écrit ce texte en pensant à tous les hommes sur cette terre et en espérant que tous se sentent frères et se retrouveront dans ce texte. Si ce frère, c’est toi cher lecteur, ne ressens surtout pas le besoin de transmettre ce texte sous forme de chaîne mais puisses-tu ouvrir tes bras pour accueillir celui qui hier encore te semblait hostile.

 

Albert

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