Dimanche 26 juin 2011
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Le soleil est enfin revenu en conquérant en ce début d’été et inonde largement la cité de sa lumière. Un silence estival s’installe à la périphérie de Paris où la
Seine coule avec indolence au pied des quais que cet hiver elle avait engloutis. Les eaux trop basses et presqu’immobiles étaient comme peignées par des algues sur leurs flancs indiquant au
contemplateur le cours des choses. A la lisère de cette ville je pensais au temps qui passe et à ce texte que je vous avais promis. Il est vrai que j’avais laissé s’écouler beaucoup d’eau sous
les ponts entres Clichy et Asnières avant de me décider à poser à nouveau les doigts sur le clavier.
En terminant la lecture d’un article intitulé
« Pourquoi Jung est à la mode ?», je sentais le
moment propice et décidé de vous faire part de mes réflexions. Je me suis rendu dans mon bureau face à l’écran situé sous la fenêtre où je vois la banlieue parisienne s’étirer vers les hauts de
Montmorency, d’Argenteuil et de Sannois. Derrière une multitude de bâtiments entremêlés aux architectures les plus douteuses et dont l’unique but est d’engloutir le plus grand nombre de gens
indésirables à Neuilly et dans d’autres banlieues ou quartiers chics de Paris, la verdure apparaît comme une vague posée sur l’horizon. On dirait un mirage, le Val d’Oise est l’endroit où l’homme
commence sa réconciliation avec la nature. Un jour, je prendrai cette porte de sortie et vous laisserai, seuls, admirer le gigantisme de vos monuments, des ponts, des boulevards, des grands
magasins et de l’ensemble de ces artefacts qui s’érigent en apologie à l’ethnocentrisme et par lequel l’ego des hommes trouve l’affirmation de son identité en s’étouffant dans la pollution de
leur orgueil et de leur mal de vivre.
Si l’on transpose l’analyse de Jung à un groupe humain se reconnaissant sous la même identité, les erreurs commises
par cette humanité deviennent limpides et nous observerons que pour perdurer dans la même affirmation de soi le mensonge permanent est indispensable.
« Notre réalité intérieure, dans une optique jungienne, s’organise autour de quatre éléments : l’ego, la persona, le soi et l’ombre. L’ego, centre de la conscience, des
sensations, des émotions, me permet de me sentir moi à toute heure du jour et de la nuit. La persona (mot latin signifiant « masque ») est la personnalité sociale que chacun endosse pour
s’adapter aux attentes des autres et se faire accepter. Le soi fait de nous une totalité corps-esprit : un être humain. Ce soi jungien n’est pas celui de la psychologie classique : il s’apparente
à l’âme, c’est notre « part divine », quel que soit le sens que l’on donne à cet adjectif : « On peut aussi bien l’appeler Dieu que le mystère ultime de la vie, affirme Juliette Allais,
thérapeute et analyste de rêves. Impalpable mais omniprésent, il règne sur nos existences. » Enfin, il y a l’ombre.. »
Afin que l’ego puisse
prétendre être relié à un tissu social défini par les traditions et surtout défini par la religion à laquelle nos parents et la société ont choisi de nous aliéner, la persona sera le travail de
pétrissage nécessaire de notre personnalité afin qu’elle rentre dans le moule du coreligionnaire, du citoyen, du camarade, de l’ami ou de tout autre pion malléable à souhait. Les religions se
substitueront à tous les niveaux d’éveil du corps, la naissance, l’adolescence ou l’entrée dans le monde des adultes en réglementant strictement le comportement que nous sommes sensés observer
sous forme de rituels.
L’état y ajoutera l’école publique, le service civil ou militaire, les codes et règlements divers que nous sommes tous censés
observer en vue de vivre ensemble. On appellera éducation le choix religieux et instruction l’obligation scolaire. Au terme de ce parcours, l’adulte est censé être conforme aux attentes du groupe
et peut vivre de manière autonome et responsable dans ce milieu qui l’a conditionné à cet effet. La persona a mené l’individu à ce Soi social qui en démocratie s’épanouit sous l’égide de grands
principes définit au siècle des lumières. Liberté, égalité, fraternité.
Reste la zone d’ombre dont Jung nous dit que :
« … qu’elle « comprend tous les aspects de notre personnalité que nous ne reconnaissons pas comme nôtres, car inacceptables au regard de l’image que nous voudrions avoir
de nous-même et donner à autrui ». »
L’image que nous voulons donner de nous-même était donc primordiale et nous avons accepté de faire l’impasse sur
nos pulsions ou nos désirs afin de nous conformer à l’image que les autres voulaient de nous, ces autres étant d’abord nos éducateurs, nos parents, nos instructeurs. Ah que de fierté lorsque les
diplômes, les poignées de mains, les parents radieux nous ont consacré une ascension sociale dans un monde capitaliste basé sur la liberté d’entreprise.
Or, ce qui sommeille en cette ombre, c’est notre liberté individuelle. Celle sur laquelle nous avons fait l’impasse. Aujourd’hui, elle rencontre un écho dans une zone d’ombre
au contact des autres individualités et forme une nouvelle société civile d’insurgés, de révoltés ou d’indignés qu’importe la dénomination. La société s’éveille au contact de la classe moyenne
appauvrie qui rejoint les plus pauvres en partageant leurs désarrois. Le sabotage organisé de l’institution scolaire par les autorités en vue de limiter l’accès réel à l’instruction des plus
faibles n’a pas réussi dès lors que ceux-ci se trouvent au contact de gens instruits qui formulent des revendications communes. Gaither Stewart décrit avec précision ce phénomène qui s’est
manifesté sur les rives de la Méditerranée et qui gagne tous les pays capitalistes dans un article intitulé « le printemps européen ».
Il n’y a dans nos pays et dans ce monde aucun état appliquant
les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. J’ai assisté il y a quelques jours à une conférence donnée par un ami à propos de l’anarchie. Il parlait de fédéralisme, de gestion autonome
de régions, communautés etc… En tant que belge, je me suis rappelé que mon pays n’a pas de gouvernement depuis plus d’un an et que cela ne change absolument rien. La raison en est simple, un
gouvernement ne sert qu’à permettre l’exploitation des citoyens au profit d’une caste dans laquelle ils s’arrogent le droit d’exister auprès de riches industriels. Il est évident qu’une
population n’a nullement besoin d’un gouvernement et que toute la difficulté d’une autorité quelconque sera à l’avenir de prouver sa légitimité après des siècles d’abus sous quelque dénomination
que ce soit. 2012 est une année électorale réduite aux personnalités des partis en fonction de leurs influences médiatiques et de leurs relations personnelles dans les sphères les plus sombres de
la finance et autres.
Lorsque Dominique Strauss Kahn a été arrêté un élu socialiste osa cette phrase en voyant son mentor menotté : « La
violence d’une justice égalitaire ». Comme le souligne
Serge Halimi dans son excellent article paru au monde diplomatique de juin 2011 sous le titre « Un raisonnement de fou » :
« Protéger
les « élites » et leurs politiques face à une foule de gueux en colère est ainsi devenu une forme d’hygiène démocratique… »
Oh rien ne
presse, la gay pride, les solidays, couleur café (en Belgique), le défilé du 14 juillet ou celui du 21 juillet et d’autres manifestations, voire processions ou carnavals auront lieu qui feront
croire aux autorités que le peuple a ses jeux et qu’il leur suffit de veiller à leur fournir le pain. Cependant à force de s’écarter du peuple les élus s’en sont détachés et n’ont de cesse que
d’augmenter leurs revenus et ceux de leurs amis. Aujourd’hui les revenus des plus riches ne permettent plus de redistribution tellement ils ont engrangés et volés les revenus du travail des
citoyens. Et comme le montant de leur larcin ne suffit jamais, ils imaginent des plans d’exclusions des demandeurs d’emploi, de travailleurs étrangers ou de ceux que l’on pourrait requalifier
d’étranger même si celui-ci est né en France. En Israël, le principe est le même au travers de l’exigence d’identité juive en vue de prétendre à être citoyen israélien et donc bientôt cette
nation suicidaire aura en ses frontières des gens semblables qui auront réussi à s’attirer la haine et le courroux de tous ceux qu’ils méprisent du haut de leur élitisme. Israël ne sera rien
d’autre à terme qu’une copie de république islamique lorsque les orthodoxes plus procréateurs et bientôt plus nombreux dans certaines villes stratégiques, auront déversés leurs progénitures dans
tous les quartiers de leurs villes.
« Un homme ivre titube vers l’abîme. Il est encombré de biens dont il est le seul au monde à croire qu’ils lui
appartiennent, en vertu d’un héritage, qu’il est, lui seul au monde, persuadé d’être le légitime légataire… »Sur
base de cet article d’Elie Barnavi, il me vient une réflexion. Avez-vous remarqué que les états de droits ont d’abord légiféré en vue de protéger la propriété, c’est-à-dire ce qui n’est pas
partageable selon l’acception des lois promulguées à cette fin ? La religion elle-même définit des territoires sacrés, voire des viles saintes par écrits apocryphes d’une soi-disant
révélation et donc non partageable.
Pauvres cons car le monde n’appartient à personne. Il est le lieu où le vivant et l’inerte se partagent des espaces et
qui doivent être gérés avec altruisme afin qu’ils puissent constituer un environnement sain permettant à l’humanité, au végétal, au règne animal et minéral d’exister ici-bas dans une harmonie
retrouvée. Cela ne sera possible que le jour, où il n’y aura plus de religion ni d’état et que les hommes auront mis leurs connaissances et leur travail au service de tous.
Dans l’ombre définie par Jung, je pensais pouvoir agir en ayant une parole libre au travers d’internet mais le réseau est devenu la plus effroyable base de données et
l’utilisation de Facebook n’a plus rien de sécurisé et ce même dans ce
pays où chanter Brassens est devenu punissable. Les mots restent et
leur usage sera fonction de ce que les puissants entendent faire de vous. Je n’ai plus aucune confiance en ces soi-disant génies de l’informatique qui ont commencé leurs carrières par des
arnaques et la poursuivent appâtés par des gains démesurés avec la complicité des états. Big Brother est une réalité qui aujourd’hui permet aux dirigeants corrompus de ce monde de s’allier aux
développeurs de génies en vue de manipuler toutes les informations et surveiller nos faits et gestes, en ce également au travers de nos smartphones.
Je quitte Facebook car je refuse toute manipulation, je ne me
suis pas affranchi de la religion et du sentiment patriotique pour me soumettre à la surveillance et à la manipulation des gouvernants et des nantis de ce monde. Je veux vivre libre et libéré de
toute identité que la société aura tenté de m’imposer.
Je vous remercie pour ces moments passés sur le net et j’aimerais vous demander si mes textes vous
plaisent de continuer à les partager entre vous. Je travaille actuellement à une newsletter que je compte publier d’ici quelques mois, n’hésitez pas à vous inscrire et à la diffuser lorsque vous
la recevrez.
Merci pour votre aimable lecture,
Albert
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