Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 19:24

Ça y est! c'est moi lui, je passe à sa place
Ma peau se défroisse, je deviens charmant
Qu'est-ce que c'est vaste, enfin j'ai de l'espace
Sa tête, ô miracle, me va comme un gant[1]

Narcisse.jpg

Je me suis reconnu, Narcisse[2] penché sur le cours du ruisseau d’Héraclite[3] où passe le temps sans s’arrêter avant de se répandre en un lac où Lamartine[4] le vit suspendu. Moment d’éternelle beauté où je devins charmant. Je suis le Grand Architecte, ordonnateur des mondes et qu’importe la souffrance de ceux qui ne croient pas en moi. Lorsque je traverserai l’Achéron[5], que je passerai de l’autre côté du miroir le monde fantastique du pays des merveilles m’attend comme en un rêve de petite fille[6].

Dans l’attente de ce monde que je pourrai recréer, je m’allongerai face contre terre dans les cathédrales afin d’être en contact avec mon reflet sur le marbre froid à la croisée du transept, je me prosternerai sur les tapis orientés vers l’orient en affirmant par la prière mon allégeance à celui que je suis devenu ou je me balancerai devant le mur des lamentations afin de me consacrer à moi-même et me détacher déjà des préoccupations terrestres qui souilleraient ma si belle destinée.


Quand fatigué, je me serai relevé, dressé ou redressé et que je m’en retournerai à mes occupations professionnelles j’aurai ce sentiment d’être juste et parfait comme lui dont je suis le reflet, l’image et le fils. Que je fasse appel à la mythologie, la philosophie, la poésie ou quelque légende, les techniques d’interprétations ou les révélations non prouvées telles l’exégèse, la kabbale, les hadiths, me permettront de me réconforter dans ma foi avant même la prochaine prière ou le passage obligé des ablutions pour une mise en condition. Tout est dit, tout est révélé et pendant ce temps, ceux qui ignorent ou méprisent la fatuité de mon égo, se meurent aux quatre coins du monde tandis que je m’enrichis avec la conscience apaisée d’un fidèle à l’ordre et aux ordres. Obéir à ce Dieu qui me convient et que je suis, m’aide à supporter la souffrance des autres en les ignorants à justes titres d’infidèles, d’impies ou de goys.

Aimez-vous les uns les autres comme je me suis aimé riche et vivant dans le luxe des pays non-émergeants où les migrants ne sont pas les bienvenus et faute d’actes généreux prenez en compte mes bonnes paroles.

Si quelque chose vous semble incompréhensible, je vous invite à retourner à l’église, la synagogue ou la mosquée où vous entendrez parler à nouveau de moi et du mystère de ma foi.

Merci de m’avoir aimé en acteur tel un président, un roi, un ministre, un industriel, un financier,… ou en collaborateur tel un imam, un curé, un rabbin, … et surtout priez pour moi qui prie pour mon salut car je le vaux bien !

Albert

[1]http://www.musikiwi.com/paroles/serge-reggiani-monsieur,passe,24735.html
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Narcisse_(mythologie)
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Héraclite
[4] http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/le_lac.html
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Styx
[6] http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_d'Alice_au_pays_des_merveilles

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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 19:52

Le pari pascalien se base sur deux axes erronés lorsqu’ils sont considérés dans une même approche intellectuelle. En effet les deux alternatives présupposent déjà la réalité de Dieu par le simple fait de se poser une question quant à lui-même. Cela ressemble d’avantage à un jeu de cache-cache, Dieu est visible ou invisible mais incontestablement présent selon les termes du pari suivant :« Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter »[1]

La question n’est donc plus Dieu est ou Dieu n’est pas mais bien, puisque Dieu est quelle est ma place dans l’univers par rapport à son incontestable réalité ? Parménide posait déjà comme vérité première, acquise et donc incontestable, le fait que ce qui est, l’être, est !
Et si on soulevait la question audacieuse sur base du non-être que Platon évoque en disant que l’être doit aussi inclure l’altération et la négation ? Partir de l’être pour définir son contraire par l’argument de l’altération ou de la négation revient encore à redéfinir l’être comme point de départ et légitimer par l’absurde qu’il est pour prouver qu’il n’est pas. Soit, admettons et revoyons le pari pascalien sous ce prisme. Dieu n’est pas et que j’y crois ou n’y crois pas cela n’enlève rien au fait que je n’ai rien à perdre quant à y croire aussi infime soit la chance de sa réalité. Au Casino de l’ingénuité, le fait donc de jouer sa mise sur la base de Dieu est être ou non-être n’ajoute rien à l’enjeu d’une promesse d’au-delà.
Posons dès lors le problème en des termes différents, voyons le sous l’éclairage d’une question essentielle l’œuf ou la poule et mettons cela dans le contexte humain la femme ou l’homme[2].

Oeuf-de-paul.jpg La femme en tant que génitrice et l’homme en tant qu’Homme, membre de cette humanité, à savoir homme ou femme. Il n’est pas absurde de partir de l’Homme pour trouver Dieu puisqu’il a fallu que ce soit celui-ci qui l’invente ou pour le moins en appréhende l’idée plus tard (idée incongrue que je concède momentanément afin que le lecteur crédule ou croyant me suive plus loin dans le raisonnement). Et maintenant se pose la question de l’être en des termes humains et à l’instar de Russel nous dégageons là deux entités, le particulier, la femme et les universaux les Hommes (hommes et femmes), l’humanité.
Qu’y avait-il au début, était-ce l’œuf ou la poule ? Dans le cadre de l’humanité qui nous occupe et en fonction de notre vision anthropocentrique du monde, est-ce l’Homme ou la femme ? Quel que soit cet Homme, il est forcément une femme puisque seule celle-ci enfante l’Homme. A ce stade on range la côte d’Adam et on poursuit sans nous attarder sur ce passage de la Bible qui souffre également de nombreuses interprétations. A force de tout interpréter on peut forcément affirmer son propre mensonge sous forme de vérité absolue, technique des gloseurs, des kabbalistes ou autres falsificateurs.
La femme à l’origine de l’Humanité ne peut-être que femme et non Homme car elle est en retrait de cette humanité qu’elle génère, à moins que l’Homme puisse enfanter invariablement en tant qu’homme ou en tant que femme ce qui est tout simplement impossible. Dès lors si la femme est à l’origine de l’humanité que penser de la relation Homme – Dieu. Il ne peut y avoir d’idée de Dieu sans la vision de l’homme. Si Dieu est imaginé par l’Homme, c’est-à-dire, par l’humanité, il ne peut être le créateur de ce qui est à la source de son entité sans laquelle il n’est pas. Donc Dieu ne peut avoir créé ce monde. Et s’il l’avait fait Dieu serait-il la femme ?[3]
Dieu femme
De quelque façon que ce soit, cela ne prouve qu’une chose au regard de l’attitude de l’homme qui utilise la religion pour dominer la femme, c’est donc bien l’homme qui a inventé la religion afin de légitimer sa position dominante sur l‘Homme en général et la femme en particulier. Pourtant si religion il y a, selon l’acception de l’être divin à l’origine de tout, cette religion devrait être un panégyrique à la femme et déstabiliser la position dominante de l’homme. Ce que l’on nomme donc religion est un abus de pouvoir sur la répartition naturelle des rôles qui devrait mettre la femme au centre de notre histoire.
Bien entendu, on m’opposera la notion de la semence. Ce sperme nécessaire à la vie est l’intuition de l’être car s’il permet de démarrer le processus vital à l’humanité encore faut-il que la femme donne réellement la vie, c’est-à-dire vie à la réalité et donc créé l’Humanité.
Le monde se fait donc en neuf mois et le dixième mois la femme se reposera !
Albert

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 18:11

C’était un soir de printemps où les cerisiers du japon rendaient à Barbara Cartland[1]les hommages d’une stupide commémoration célébrant le onzième anniversaire du décès de la romancière en effeuillant leurs branches des fleurs roses inodores et stériles. Les pétales virevoltaient inutilement dans une atmosphère enfumée par les gaz d’échappement de véhicules embouteillés avant de joncher sur le béton où aucun germe n’aurait la chance de renaître d’une graine se mourant dans la fange d’asphalte que le soleil avait rendu élastique et visqueuse. Soudain, dans les rues de la capitale la lumière se fit plus blanche et des sirènes retentirent. Les automobilistes fermèrent les vitres des voitures et certains d’entre eux mettaient un masque afin de respirer l’aire recyclé de l’habitacle dont ils se méfiaient de l’étanchéité des filtres anti-polluants. Sur le trottoir des banlieues, les enfants toussaient mais la joie de vivre et de jouer ensemble l’emportait sur la prudence. Pourtant leurs parents leur avaient bien expliqué la nécessité de rentrer immédiatement à la maison à la moindre alerte sonore en vue de prendre une douche et la dose d’iode prescrite en fonction du nombre de signaux sonores émis par les casernes de pompiers environnantes. Les plus chanceux disposaient également d’antibiotique ou de quelque médicament nécessaire en vue de guérir des maladies que contractaient les gens au contact d’une eau insalubre.
fukushima cerisier
La chaleur battait des records depuis plus d’un mois et pourtant ce jour-là il se mit à neiger à nouveau. L’explosion d’une centrale nucléaire au pays du soleil levant avait pollué l’eau, la terre et l’atmosphère. Ce phénomène atmosphérique qui se produisit le 21 mai sur toute l’Europe fut appelé "les neiges de Fukushima" en mémoire d’une catastrophe qui a détruit une grande partie de l’humanité en quelques centaines d’années. Anomalies génétiques, stérilité, cancers etc.. , la panoplie, en quelque sorte, des accidents dits sans gravité fut déployée par la faute à pas de chance car il était entendu que le concours de circonstances à la base de la catastrophe n’était pas la faute de l’industriel qui fit construire la centrale et qui par un curieux hasard n’habitait pas à côté de celle-ci.
secouristesjaponaisneige
Je me souviens de Brest et de Barbara[2], de la petite fille en pleurs[3]dans une ville en pluie, de ces moments où la pluie était tristesse lorsqu’il pleuvait sur la ville mais je n’ai pas cru qu’un jour je vivrais les neiges de la mort au pied de Montmartre. Les enfants non instruits erraient dans les rues de la ville depuis la fermeture de leurs écoles pour raisons économique, écoles qui par ailleurs furent transformées en casernes et les enfants indisciplinés y étaient considérés comme des terroristes non pas à cause de leur désobéissance mais dû à la nuisance de leurs jeux cruels. Hormis les bidasses restés sur place pour assurer le pouvoir coercitif qui garantit la stabilité du pays, nos braves soldats faisaient la guerre de par le monde pour imposer l’ouverture démocratique des marchés en vue d’échanges commerciaux en veillant à encadrer une main d’œuvre peu onéreuse et à mater les rébellions qui mettent en péril notre modèle économique occidentale. Dans le même temps la présence de nos troupes assuraient l’acheminement des derniers barils de pétrole qu’on avait décidé de consommer avant de rouler au colza ce qui entrainerait une famine prévisible par le nombre de cultures nécessaire à l’exploitation de ce produit en vue d’assurer notre bien-être. Aussi avons-nous décidé de cultiver ces champs de colza dans les pays en voie de développement et notre armée présente pourrait assurer la stabilité économique du projet en écrasant toute révolte comme nous l’avions fait par le passé pour le vol des matières premières dans ces mêmes régions du monde.
La poudreuse avait déjà déposé une couche suffisante pour inquiéter les soldats qui arpentaient les rues en tenue NBC (Nucléaire, bactériologique, chimique). En haut de la rue Saint Vincent[4], un soldat et un ingénu se retrouvèrent en adulte et enfant face à face. Le môme rebelle fit une boule de neige et le militaire épaula. Le coup partit avant que la sphère neigeuse n’eut quitté le poing dressé de ce petit Gavroche qui s’effondra en pliant les jambes. Son corps maintenant allongé dans la neige laissait échapper du côté droit[5] un filet de sang qui dans le noir et blanc de cette ville aux lumières ternies était la seule couleur témoignant d’une vie qui appartient au passé. La sève de vie qui s’était échappé était comme l’image du feu sur la blanche neige. Le soldat réarma son fusil avant de pousser du pied l’enfant pour s’assurer du décès de celui-ci. Au travers des verres épais de son masque à gaz il essayait de regarder autour de lui si le danger était encore présent. Une boule de neige atteignit l’homme au visage. Pris de panique, il tira en l’air en fuyant vers un abri de repli. Au coin des rues se tenaient des barricades improvisées en vue d’isoler la butte où les enfants jouaient à une nouvelle intifada en jettent des boules de neige polluée par le plutonium de Fukushima. Ils savaient que cela écourtait leur vie mais leurs parents leur avait dit que comme eux, autrefois, dans des territoires occupés d’orient, des enfants palestiniens tentèrent au prix de leurs vies de croire en une existence plus digne et cela leur donna le courage nécessaire à endurer un combat perdu d’avance. Ici aussi les neiges de Fukushima tuèrent à petit feu mais la mort est un jeu quand on n’a pas l’espoir de vivre libre.
Sachant que leur avenir était sans espoir, que leurs gênes étaient détruits, que la guerre au service de la cupidité de quelques-uns avait anéantit le futur de l’humanité, ils avaient dressé un soldat mort accroché à un poteau au pied de la butte et l’avait nommé « le bonhomme de gênes ». La neige à Montmartre ne fondait plus et la couche était trop importante pour que l’on s’y rendit sans danger aussi ce sanctuaire était celui des enfants mal nourris à l’odeur de fièvre réunis au pied du soldat qui aurait pu être le père d’un d’entre eux.
montmartre-neige.jpg
Et je fus ce père mourant attaché mais je restais immobile par crainte qu’on me reproche de n’avoir rien fait pour permettre à nos enfants de vivre et d’avoir continué à obéir aux lois du marché comme aux ordres de ceux qui ont détruit notre avenir. J’étais l’homme de gênes.
Soudain on retira mon masque à gaz et une lumière vive me réveilla. Ce n’était pas le masque mais les rideaux de la chambre que mon épouse ouvrait et la lumière était celle du jour du 12 mai 2011. Et ce matin, de ce cauchemar ne reste à mon réveil que la crainte de sa probable réalité.
Je posai pied sur le livre de Barbara Cartland[6] qui glissa de mes mains lorsque je m’étais endormi la veille et sans le ramasser j’allai à la fenêtre pour m’assurer que Paris baignait dans la lumière et que la ville s’éveilla comme dans la chanson.[7]

Albert

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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 12:21

Proverbe de Ahmadou Kourouma (extrait de "En attendnat le vote des bêtes sauvages"

cancer-chimulus.jpg

Les personnes en difficulté et actuellement assistées à hauteur de sommes dérisoires devraient-elles être considérées comme le cancer de la France? Mais que penser dès lors des tumeurs qui forment ce gouvernement et qui sont responsables des cancers de la population ? La solution, c'est l'ablation des tumeurs en 2012. La chirurgie passera par les urnes !

 

Albert

 

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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 20:54

La prise de conscience de la potentialité d’épanouissement qu’offre le changement du statut de sujet à celui d’homme libre est indispensable à l’évolution comportementale de l’homme en marche vers sa liberté. Celui-ci peut réaliser dès lors le premier pas vers l’affranchissement. Cette étape n’est toutefois que, déjà, et surtout le moment de la décision. « C’est le premier pas qui compte » est l’expression populaire qui souligne l’importance non de l’action mais de la décision de l’action. Pourtant il y a plus important et c’est précisément cette prise de conscience qui est latente et sous-tend l’acte de libération en tant qu’aboutissement de la raison. C’est elle qui rend durable et sans retour ce nouvel état d’esprit en adéquation avec le statut d’homme libre. Si l’être soumis, l’homme faible, la femme apeurée, l’esclave docile, le prolétaire exploité, le citoyen méprisé, le prisonnier maltraité finissent par rejeter l’autorité qui les maintient dans cette situation d’asservissement féal qu’ils acceptèrent par atavisme, c’est qu’ils ont pris conscience que cette situation n’est pas justifiable légalement ni naturellement acceptable. La difficulté réside dans le fait que la docilité des plus faibles est effectivement à l’origine de la société humaine. Fers_esclave.jpg Lorsqu’on évoque le nom des pharaons en parlant de pyramides, personne n’ignore que ce sont des esclaves qui les ont construites. Il n’y a que sur les monuments funéraires des héros de guerre que figurent les noms des esclaves envoyés au combat sous le statut de soldat. Le mémorial se retrouve d’ailleurs essentiellement dans nos petits villages et dans nos lieux de culte[1] où il est bon de rappeler au peuple qui trouve son authenticité au pied du mur des martyrs qu’il y eut autrefois de bons citoyens obéissants et que chacun doit toujours être prêt au sacrifice extrême au nom de son pays et de sa race. Pour les autres jeunes hommes tombés au combat, la plupart d’ailleurs dont les noms ne figurent pas sur les stèles officielles, ils seront assimilés au soldat inconnu qui par ailleurs est le seul que le Président fleurira à la date d’anniversaire de la libération du pays. Geste que l’on nomme : « le souvenir ». Ah bon ! On se souvient des inconnus ? memorial.jpg La réalité n’est-elle pas qu’il s’agit plutôt de l’expression d’un profond mépris à figer l’anonymat des gens dociles et de grandir celui des maîtres qui ont envoyé leurs esclaves-soldats à la mort ? On retiendra que le Général de Gaulle est le libérateur grâce aux patriotes résistants qui sont des centaines de milliers d’anonymes sacrifiés par leurs maîtres. Le spectre de la mort au travers de la lutte du Maître et de l’esclave est la clef de voûte de cette histoire humaine[2]. Si d’aucuns ont accepté de vivre sous la férule de monarques ou de dictateurs, si certaines femmes ont accepté les violences conjugales, si des prisonniers ont enduré sans révolte apparente des brimades et d’avantage, si l’ouvrier a enduré des heures de travail ingrat au profit de certains patrons peu scrupuleux, c’est effectivement parce que leurs parents aussi ont vécu la même chose…

Mais voilà qu’aujourd’hui ces anonymes morts à l’ouvrage pour servir l’autorité de celui dont ils dépendaient ne sont plus considérés comme exemple même si culturellement le subterfuge du martyre et du sacrifice humain est encore utilisé pour coaliser des personnes sous l’identité d’un parti, d’une race[3], d’une religion ou toute autre identité criminelle destinée à des fins belliqueuses quand le besoin s’en fait sentir, c’est-à-dire lorsque la richesse des puissants de ce monde doit être protégée ou cherche à s’étendre. Ce sont les nations qui aujourd’hui se servent de cette technique rendant plus compliquée la lecture des conflits économiques. Irak, Afghanistan, Palestine, Libye, Géorgie, Côte d’Ivoire etc.… Afin de masquer la raison économique des conflits, on exacerbe le sentiment patriotique face aux menaces virtuelles que l’on invente de toutes pièces. Exemple : « armes de destruction massives », on se donne la légitimité d’ingérence à l’aide d’une institution telle l’ONU manipulée par des intérêts financiers et économiques de partenaires siégeant dans les comités de décisions et, bien entendu, on ne se tient pas aux résolutions votées en abusant du mandat qui est octroyé pour l’intervention afin de réaliser ses propres desseins. L’armée française en Côte d’Ivoire et en Libye fit montre de cette technique d’intervention qui aboutira à asseoir un pouvoir qui leur sera largement favorable. Lorsque la guerre sera terminée, les nouveaux dirigeants auront à cœur, (par obligation et la leçon de ce qui est arrivé au prédécesseur suffira à les convaincre) de tenir leurs engagements économiques contractuellement favorables aux pays alliés zélés qui participeront à la reconstruction du pays. Total, Areva, Dassault, Bolloré, etc.… ont encore de belles ascensions de côtes de bourses en perspective. Et si le projet était de faire tourner notre économie à l’aide de conflits internationaux ?

Pas étonnant dès lors que cette stratégie passe par l’intervention d’un philosophe tel Bernard Henri Levy[4], « éternel indigné au service du pouvoir. Il faut d’abord soigner la stratégie de communication, faire comprendre aux Français le danger de l’islamisme. Ça, c’est le rôle de Claude Guéant. Il faut rattraper les erreurs de la France Afrique. On vire MAM et on reprend les rennes pour intervenir afin d’assurer un potentiel économique aux industries françaises. Le Président Sarkozy qui n’a jamais caché son admiration pour la famille Bush a retenu la technique de l’assassin financier[5] et appliqué celle-ci avec zèle. La collusion entre les états, le FMI, L’ONU et les grands industriels de ce monde est devenue indécente d’évidence mais encore trop de gens ne comprennent pas que le patriotisme, les religions et l’affirmation identitaires sont des techniques permettant de manipuler l’opinion et préparer les hommes à devenir des soldats au service du capital et de la richesse que s’approprient quelques personnes qui par ailleurs ne sont jamais au combat.

Les esclaves soldats et travailleurs ont été éduqués pour le rôle qu’ils doivent tenir dans cette société. C’est cette instruction qui a procédé à l’éveil des esprits et qui a stimulé la capacité des êtres à douter des affirmations sans preuves empiriques. Alors que la révolution industrielle battait son plein au XXsiècle redynamisée par deux grandes guerres qui ont permis le développement des pays les plus puissants militairement victorieux ou vaincus. Ils ont, bien entendu, entraîné dans leur sillage les plus petits pays et créé des associations en vue de protéger juridiquement et militairement les richesses cumulées et non partagées. Lorsque ces richesses étaient le permettaient, de parcimonieuses distributions se firent pour éradiquer les révoltes populaires qui ne pouvaient être coercitivement contrôlées. On ne parlera pas avec l’anonyme, le révolté, mais on lui accordera quelques faveurs négociées avec des organismes syndicaux qui auront un chef de file plus ou moins contrôlable par les autorités.

Pendant ce temps dans le lit de leurs peines, les peuples déposaient le limon de la révolte. Ce limon est comme une farine à laquelle se mêlera le levain de l’instruction. La force de l’espoir et la chaleur de la vie viendront ensuite pétrir les ingrédients dans le sang, la sueur et les larmes[6] de la lutte afin de permettre à l’homme libre de prendre en mains son destin. Et tout comme relaté par Sir Winston Churchill à l’occasion du fameux discours daté du 13 mai 1940, l’homme libre, cette fois, mesurera qu’il ne peut y avoir de vie sans victoire. « …for without victory, there is no survival. ».

Pourtant, les puissants de ce monde reprennent vite les choses en mains. La commune de Paris fut subtilisée aux communards, et mai 68 avec l’aide des nouveaux philosophes a engendré un sentiment de lutte perdue d’avance en limitant la dimension de la révolte à son statut et non à sa finalité qui aurait dû être le pouvoir du peuple. Néanmoins on aura sauvé le statut d’intellectuel des auto-proclamés nouveaux philosophes nécessaires à la légitimité des gouvernements futurs qui ne pourront pas faire appel uniquement à la religion mais qui devront trouver dans les allégations de ces philosophes la légitimité de leur vision politique. En 68, « Glucksmann a élaboré un discours fondé sur le silence des masses, ou plutôt sur leurs plaintes pathétiques. Et le pathos, … est directement proportionnel à la faiblesse et l’impuissance que l’on perçoit chez la victime… Le procès du marxisme et le discours du goulag avaient donc plusieurs buts, dont le principal était de faciliter la conversion de certains gauchistes et de leur permettre d’acquérir un rôle de premier plan sur la nouvelle scène du pouvoir intellectuel de l’après-Mai[7]. » 

Aveuglés par leur suffisance, la nomenklatura intellectuelle française se rapprocha du pouvoir en 2007, rendant fréquentable un président populiste. Pas étonnant, dès lors, que personne n’ait vu arriver ce qui se produisit au Maghreb et que pour reprendre la main dans le jeu stratégique des influences géopolitiques en Afrique, ce soit encore un ex-nouveau philosophe[8]qui redéfinisse le destin orgueilleux du pays. En France, on a fait taire le peuple, faisant croire qu’il était incapable de réfléchir par lui-même, on a intellectualisé sa lutte pour mettre en avant le côté romantique et contrôlable de la révolte afin d’éviter la révolution. En Tunisie, Egypte, ou Libye, en revanche, on mène la révolution à son terme avec le même principe gaulliste : « Je vous ai compris »[9]. Les gouvernements français se succèdent et se ressemblent, ils peuvent affirmer une chose et faire son contraire sans aucun scrupule ou remord. Et pour éviter que le peuple n’y trouve quoi que ce soit à redire, il fallait encore l’abrutir d’avantage pour qu’il s’en tienne à son rôle de troupeau docile. Les médias ont connus depuis des décennies des conflits de couloirs, des promotions douteuses et des connivences évidentes avec le monde politico-industriel qui assurait la stabilité du pays dans une croissance économique douce pour les petits et fulgurante pour les puissants. Kristin Ross décrit de manière très documentée dans son ouvrage Mai 68 et ses vies ultérieures, la manière dont les médias censurent le discours de la révolte en ne laissant que très peu de places aux interviews des manifestants mais en donnant la parole sans compter aux politiciens et experts en tout genre qui se sont appropriés les luttes populaires en les théorisant et en terminant le combat dans le débat de salon. Et « le grand mal de notre temps est - devenu - le fait de la dépersonnalisation des individus. Et tout concourt à cela : la machinisation excessive dans tous les domaines, la course aux vitesses, le gigantisme des états, le nationalisme exacerbé des dirigeants, la subornation de la science qui la réduit au rôle de servante de petites cliques des puissants, l’éducation traditionnelle qui robotise les générations qui montent, l’hypocrisie dans l’appellation des régimes actuels comme démocratie… »[10]BHL.jpgIl restait aux puissants à gagner du temps et freiner l’émancipation des peuples ou trouver une alternative. Voyons comment en France les gouvernements successifs se sont employés à enrayer cette marche des peuples vers l’émancipation et la liberté par des initiatives qui de toutes façons ne sont pas très originales puisqu’elles se claquent majoritairement sur celles prise dans la société américaine. Les présidents français successifs, de gauche ou de droite, qui cultivent essentiellement leurs rictus et le pédantisme d’éloquence, n’ont au grand dam des chauvins peuplant l’hexagone, aucune raison de pérorer en matière d’initiative en faveur du peuple qu’ils administrent. Les américains avaient compris bien avant nous le double avantage du crédit en ce qu’il asservit le citoyen à la consommation et le rend égoïste dans le désir de posséder d’avantage, que lui donne la possibilité de vivre à crédit. Reste à faire passer le message et faire taire la révolte en contrôlant les médias. Il faut transformer le révolté en consommateur et on allait mettre le paquet pour y arriver.

« La domination du libéralisme ne repose pas seulement sur l’économique ; elle se fonde sur une dynamique culturelle profonde. Consommer, s’amuser, rester jeune : ces injonctions permanentes sont d’autant plus hégémoniques que démultipliées par la technologie de l’Internet. Le capitalisme tire sa force de sa capacité à façonner les vies individuelles, à créer sans cesse de nouvelles dépendances et de nouveaux besoins. Il s’appuie sur la culture du narcissisme. La passion la plus stimulée, la plus excitée de la modernité c’est l’égoïsme, c’est-à-dire la concentration sur soi-même. La société consumériste participe de l’atténuation générale de la classe ouvrière, laquelle ne revendique plus son identité, mais cherche à paraître comme la bourgeoisie qu’elle voudrait être. »[11] 

Mais voilà, la croissance a ses limites dans lesquels il faudrait aujourd’hui la condescendance des administrés pour qu’ils contribuent d’avantage en s’appauvrissant à enrichir leurs dirigeants coalisés aux industriels au travers de sociétés de lobbies générés par ces mêmes industriels ou des « Think tank »[12] relevant d’avantage de l’initiative des politiciens qui s’en servent également pour rémunérer leurs amis intellectuels qui assurent la légitimité du pouvoir, Alain Minc, Jacques Attali, BHL, Glucksmann, Luc Ferry, etc… Le président français, en chute libre dans les sondages et par sa politique aberrante en faveurs des nantis et au mépris du peuple français, a dû se trouver une autre voie pour redresser l’économie et donner un nouvel espoir au narcissisme hexagonal. Ses génuflexions aux pieds des prélats en qualité de Chanoine de Latran, n’a pas permis de coaliser les croyants et les faux intellectuels. C’est alors qu’il a décidé de prendre son chemin de Damas[13]. La guerre pour s’affirmer en chef d’état, de continent, voire du monde, il n’y a rien de tel. Humilié autrefois par Obama qui regardait ce petit bout d’homme arrogant et son mannequin osseux avec dédain, Sarkozy avait une revanche à prendre sur le président yankee qui n’avait pas l’étoffe militaire de son prédécesseur, un va-t’en guerre de père en fils. La scène internationale n’avait plus réellement de président sanguinaire aux commandes, la place était donc libre. Il ne s’agit plus de faire des montages complexes de rétrocommissions, des courbettes face aux dictateurs pour vendre des centrales nucléaires et du matériel militaire. Maintenant on allait appliquer la méthode Perkins[14] à la lettre. Cette méthode du nouveau Machiavel au service des princes américains est basée sur la poudre aux yeux d’une stratégie mercantile d’état démocratique aux visées bellicistes humanitaires. En fait, cela consiste à disposer de l'argent du pays à libérer du joug d'un dictateur qui était autrefois leur allié avant de procéder à la destruction des infrastructures en vue de s'assurer l'exclusivité des bénéfices de la reconstruction.[15] Après la dictature d'un tyran, les armées des pays démocratiques installent durablement la dépendance financière dans les pays disposant pourtant des matières premières dont dépendent nos industries. C’est le prix à payer par les pays libérés pour singer nos fausses démocraties ou n’est-ce pas tout simplement la méthode la plus sournoise du mal agissant au nom du bien?

Aujourd’hui la résistance s’organise au travers d’internet mais le réseau est également le lieu d’une bataille sans merci entre la vérité sulfureuse révélée par des sites tels Mediapart, Wikileaks, etc et la manipulation technologique par la surveillance accrue de nos faits et gestes avec notre consentement au travers de nos abonnements télévisuels, téléphoniques, internet et plus habillement grâce à nos mouchards de poche[16] (gsm).

Pourtant nul téléphone n’est nécessaire pour un appel à la raison ! 

Albert



[1] « je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un monument [yad] et un nom [shem] qui vaudra mieux que des fils et des filles ; je leur donnerai un nom éternel, qui ne périra point. » (Is 56:5).
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mémorial_de_Yad_Vashem

[2]
En tant que désir, c’est-à-dire volonté de s’assimiler, de faire sien, donc de détruire ce qui s’oppose, la conscience de soi cherche la reconnaissance d’une autre conscience dans un combat à mort. La négativité de cette conscience implique donc : la négation de sa nature animale, donc la possibilité de se nier, de vouloir sa propre mort ; la reconnaissance de la liberté d’autrui que l’on cherche à s’assimiler. L’animal homme devient véritablement homme par son mépris de la mort. Mais, s’il cède à la peur de mourir, il devient une conscience esclave, non-reconnue, il reste dans un état animal, mais en travaillant pour un maître qu’il reconnaît comme son supérieur. Le maître est donc le vainqueur, il n’a pas besoin de reconnaître l’autre, mais pour être tel, il doit être reconnu par un homme qu’il juge son inférieur. L’homme-maître est en ce sens une impasse existentielle : il ne parvient pas à satisfaire son désir. L’esclave est quant à lui une conscience servile : il a préféré vivre, il dépend encore de sa vie animale, il n’est pas libre. Il travaille pour le maître, et, en travaillant, il transforme la nature, et c’est parce qu’il transforme qu’il sera le sujet véritable de l’histoire humaine. On voit ici que, pour Hegel, la nature est transformée en monde, en histoire, par le résultat d’une lutte : cette lutte aboutit au travail de l’esclave. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conscience_de_soi_(Hegel)
[3]
Les races humaines sont par nature inégales. La race aryenne est supérieure et il faut travailler à la purifier. Les grands blonds aux yeux bleus constituent le fleuron de la race aryenne. Ils sont les maîtres « élus » qui doivent régner sur les races inférieures, latines et slaves. Le Vieux Continent doit être préservé de la présence de l'odieuse race des Africains et il faut en éliminer les races maudites que sont les Tziganes et les Juifs. Il faut mettre en place des camps de purification dans lesquels les déviants seront rééduqués ou supprimés par des techniques de pointe. Source : http://www.philo5.com/Les%20philosophes/Hitler.htm
[4]
http://www.charentelibre.fr/2011/03/11/sarkozy-bhl-et-la-libye,1025318.php
[5]
http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news
[6]
« … I say to the House as I said to ministers who have joined this government, I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat. We have before us an ordeal of the most grievous kind. We have before us many, many months of struggle and suffering. 
You ask, what is our policy? I say it is to wage war by land, sea, and air. War with all our might and with all the strength God has given us, and to wage war against a monstrous tyranny never surpassed in the dark and lamentable catalogue of human crime. That is our policy.
You ask, what is our aim? I can answer in one word. It is victory.
Victory at all costs - Victory in spite of all terrors - Victory, however long and hard the road may be, for without victory there is no survival… »
extrait de http://www.famousquotes.me.uk/speeches/Winston_Churchill/2.htm.
[7]
Mai 68 et ses vies ultérieures – Kristin Ross – Agone Editeur Marseille 2010. Pge 276 – 277.
[8]
http://www.marianne2.fr/philippepetit/BHL-chef-de-guerre_a167.html
[9]
http://www.herodote.net/almanach/jour.php?ID=1081
[10]
Serge Tchakhotine – Le viol des foules par la propagande politique – Collection Tel Editions Gallimard 1952 pages 536 et 537
[11]
L’histoire vire-t-elle à droite ? par Remi Lefebvre – Le Monde diplomatique avril 2011.
[12]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Think_tank
[13]
Allusion au chemin Damas de Saint Paul http://fr.wikipedia.org/wiki/Damas et à la révolte actuelle en Syrie. http://www.20minutes.fr/article/712427/monde-syrie-alain-juppe-denonce-repression-aveugle-brutale
[14]
http://www.dailymotion.com/video/xa636d_john-perkins-confessions-d-un-corru_news
[15]
http://www.legrandsoir.info/La-rapine-du-siecle-l-assaut-des-volontaires-sur-les-fonds-souverains-libyens.html?sms_ss=facebook&at_xt=4db3c3c42fb032cc%2C0
[16]
http://www.gizmodo.fr/2011/04/20/mouchard-dans-la-poche-votre-iphone-vous-piste-partout-a-votre-insu.html

Par Ducdame - Publié dans : SciViTe
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