Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 20:23

carousel-montmartre

La journée se terminait sous la grisaille comme enveloppée d’une de ces feuilles de calque qui autrefois protégeait les photos de nos albums. Assis dans la partie rehaussée de la salle, j’avais le dos au mur jouxtant le bar et je regardais rêveur les escaliers de la butte Montmartre. Le carrousel y brillait de toutes ses lumières que de petits miroirs reflétaient au centre du manège dans le halo de brouillard d’un automne précoce. Il s’était arrêté de tourner et je vis au fronton de son toit, posé comme une couronne sur l’ensemble de la structure, l’inscription : « Carrousel Vénitien du XVIIIème siècle ». A vrai dire, je devinais l’inscription que je ne pouvais lire à une telle distance mais je connaissais tellement bien cet endroit que j’étais certain d’en avoir retenu fidèlement l’épigraphe. Mon attention fut attirée par les personnes s’installant à la table de l’autre côté de la salle et je tournai lentement la tête en réfléchissant à cette certitude de connaître le texte du fronton, je n’avais même pas envisagé que je puisse me tromper, que le texte eut pu changer, … « Pourquoi avons-nous ces certitudes ? » me dit un homme assis face à moi que je n’avais pas entendu s’assoir et qui visiblement m’avait vu et même d’avantage, il avait scruté mes pensées. Je restais interloqué face à cet étrange personnage. Sans attendre ma réponse il me dit : «  Je m’appelle Mani » et lorsque je voulais me présenter avant qu’un son ne sorte de ma bouche, il a ajouté «je sais!»

J’aurais aimé vous parler de Mani mais en fait je ne connais de lui que ce visage qui m’avait impressionné. On eut dit un masque vénitien dont les nuances étaient soulignées par des ombres logées dans le relief de sa fine toile cirée blanche. Une structure dorée surmontait le volto[1] telle la protection faciale d’un casque corinthien. Les yeux sombres de l’homme étaient logés en un relief au-delà du masque, plus loin que le reflet du miroir et dont l’intensité du regard produisait cet effet hypnotique des icônes grecques. Quand je pense à notre rencontre, je me dis que c’est impossible, que jamais, je n’aurais pu voir un visage aussi pâle que la lune, aux traits aussi obscurs que son accoutrement composé d’une simple cape le couvrant jusqu’à la tête. Oui, c’est cela, comme dans les bals vénitiens, c’est bien de cela qu’il s’agit, quelqu’un qui sorti d’un bal costumé serait venu s’assoir à ma table sans que je ne le remarque et sans que personne ne l’ait vu entrer ou sortir.

Il était assis et son regard obscur me fixait. Je pensais, en voyant la pâleur de ce que je pris pour un masque, à cette mythologie scandinave selon laquelle la Lune se nommait Mani[2]. Je me souviens également qu’en Franc-Maçonnerie les apprentis étaient réunis sur la colonne du Nord[3] où brille la Lune, ceux-ci doivent s’inspirer de ce symbole de réflexion et de silence. J’attendais donc patiemment qu’il rompe le silence tout en essayant d’esquiver son regard afin de l’observer de dos grâce au miroir de l’autre côté de la salle mais les gens assis à la table d’en face m’empêchaient de scruter son reflet. Et puis qu’importe, le tabbaro[4] qu’il portait était précisément la garantie de son anonymat. Il fallait que je me fasse une raison, je ne connaîtrais de lui que ce qu’il aurait voulu me dévoiler. Je savais que je devais attendre qu’il dirige notre conversation et que ce serait à lui de m’interroger.
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Il attendit apparemment que mon attention lui soit à nouveau accordée et je fus gêné qu’il ait pu soupçonner ma tentative de l’observer par le jeu de miroirs de cette brasserie. Je décidai donc de ne plus esquiver et de ne pas m’interroger d’avantage sur le personnage afin de me concentrer sur la conversation que nous aurions.

« Bien », dit-il, comme s’il avait lu dans mes pensées que mon attention lui serait désormais accordée. Je savais maintenant qu’il me serait impossible de lui mentir, non pas que je m’en sentais incapable mais bien parce que je commençais à considérer l’autorité de mon interlocuteur avec bienveillance et que j’acceptais avec une sorte de soumission l’emprise qu’il avait sur mes pensées et mon comportement.

Il reprit la parole d’une voix grave raisonnant quelque peu sous la larva. Le faciès impassible de mon interlocuteur souligna la fermeté de sa demande: « Maintenant que vous savez ce que je suis venu faire, dites-moi que représente symboliquement cet objet pour vous ! »

« Il peut à la fois représenter les quatre éléments : la terre, l’eau, le feu et l’air mais également les quatre points cardinaux, les quatre saisons et si je le tiens par la branche la plus longue en fonction de son inclinaison, j’aurais un opérateur multiple ou celui d’une addition. En cherchant encore, je pourrais obtenir en multipliant les trois branches libres par les quatre que j’ai réellement à disposition, les douze mois de l’année… »

Mani m’interrompit et affirma : « Toute chose s’explique par l’équilibre des contraires et l’antagonisme de ces oppositions. En quoi, un multiplicateur serait-il un opérateur mathématique s’opposant à l’addition ? Points cardinaux, éléments, saisons etc… ne sont que des amalgames insignifiants. La pratique du symbolisme, en tant que révélation d’une vérité sans que celle-ci ne soit fondée par un raisonnement plus complexe où s’opposent en permanence le vrai et le faux en vue d’établir la réalité des choses, est stérile. Cela ne sert qu’à se gausser et à s’enorgueillir d’inutiles connaissances dont on fait dans le même temps l’aveu de son incapacité à s’en servir ! »

J’étais interloqué, jamais on ne m’avait parlé de la sorte. De plus, je me souviens du plaisir que j’avais à écrire ces discours d’orateur pour des cercles libres penseurs où je savourais d’avance la portée qu’aurait mon raisonnement et je n’en fus jamais déçu. Pourtant, Mani avait raison et me donnait une leçon que je pris avec humilité. Je me rendis compte de surcroît qu’il me tançait d’une manière fort habile car jamais il n’éleva la voix, c’est en moi que l’écho de ces paroles s’amplifiait et me confondait.

Il m’apparut de façon certaine que cet homme-là ne pouvait être que le prophète Mani fondateur du manichéisme. « La pensée profonde du manichéisme est que le royaume des ténèbres doit être surmonté par le royaume de la lumière, non par le châtiment, mais par la douceur, l'amour ; non pas en s'opposant au Mal ou en le combattant, mais en se mêlant à lui ; afin de rédimer le Mal en tant que tel.[5] »
Agissant comme si je n’avais rien dit, je repris la parole.
« Cet objet, dis-je en ôtant mon pendentif, est la représentation de la souffrance, du mal que firent les hommes à l’un des leurs tandis que celui-ci sans haine regardait ses tortionnaires comme s’il s’agissait de ses fils et qu’il les considérait comme tels. Cet homme mourut d’une horrible façon alors qu’il prétendait être l’incarnation du bien. Le symbole est donc celui de la victoire du bien sur le mal. »

« Subjectif ! » me répondit Mani et de poursuivre « le port d’armes devrait dès lors être autorisé car chaque arme peut être considérée comme le symbole d’une souffrance affligée à d’autres dans le but parfois de vaincre le mal et partant, on pourrait considérer que vaincre le mal c’est faire le bien mais voilà, là est la faute de raisonnement ! Si on fait appel au mal pour détruire le mal, on augmente la force du mal. Il n’y a que le bien qui puisse s’opposer durablement au mal. »
Je ne l’avais pas vu tendre la main, je n’ai d’ailleurs jamais vu ses mains sous sa cape vénitienne mais par contre le pendentif que j’avais enlevé me fut bel et bien dérobé au terme de son explication.

Il se leva et me dit : « ce que tu m’as remis a la forme de l’épée de Saint Louis et de celle de Jeanne d’Arc qui gardent les portes du Sacré Cœur en haut de cette butte. Tu vois une religion qui prône l’Amour fait la guerre au nom du bien car elle ne sert qu’à fanatiser et relier les gens et peu importe le bien ou le mal, cet obscur objet d’obédience n’est que le signe de ta soumission à l’atavisme des traditions séculaires qui te privent de ta liberté. Si tu veux vivre libre, fuis les religions, ne les combats pas, elles sont expertes à faire le Mal ici-bas et tu ne pourras te battre à armes égales puisque seul le Bien, c’est-à-dire l’Amour véritable peut lui être opposé. N’obéis à personne, refuse tout Maître et tout Dieu en t’écartant de leurs chemins et si ces mots résonnent en toi aujourd’hui, c’est que tu m’as écouté, moi ta conscience ».

Il se leva et s’en alla, je tentai de le voir dans le miroir face à notre table. Cette fois il aurait dû être visible en se levant puisque de sa stature il dépassait largement les gens assis de l’autre côté. Je ne vis pas son reflet et ma distraction à peine dissipée, je me tournais vers la porte que je ne voyais pas se refermer et que je n’ai pas entendu s’ouvrir alors que Mani était sorti.

Je quittai la brasserie lorsque la nuit était venue, je ne sais si je suis resté longtemps après notre conversation mais je me souviens que le serveur me sortit de ma torpeur en disant qu’il allait fermer l’établissement.

Dehors, les volutes de brouillard étaient suspendues autour du carrousel éteint et la profondeur de la nuit emporta Mani comme elle avait emporté le Horla[6]. Je pensais à Maupassant et me dis que moi aussi, j’avais la preuve de l’intrusion d’un étrange personnage dans ma vie puisqu’il avait pris mon pendentif et les tâtonnements que je fis autour de mon cou à l’aide de la paume de ma main droite en attestaient de manière certaine.

Je n’avais plus Dieu, ni Maître et je m’étais débarrassé d’un grigri que les chrétiens portent encore en sautoir ou en pendentif. Jamais un geste de cet ordre ne m’avait soulagé d’un tel poids.

Enfin, libre…

 

Albert


 

[1] « La Bautta servait à se protéger, se dissimuler parfaitement. Le porteur de masque cachait son identité d'homme ou de femme et laissait une grande liberté de mouvement. Un capuchon couvrait la tête jusqu'aux épaules, tout en laissant le visage libre. Ce capuchon était en général en soie, garni d'une dentelle. Il descendait jusqu'à la taille. La partie libre du visage était cachée à son tour par le «volto» ou «Larva». Source : http://lesnuitsdejoviac.asso-web.com/28+les-masques-du-theatre.html

[2] « Dans la mythologie nordique, Mani (ou Máni), fils de Mundilfari et Glaur, est le dieu de la Lune et le frère de la déesse du Soleil Sol. » Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Máni
[3] La colonne du Nord est en fait la série de sièges rangée dans le sens de la longueur à la droite de l’entrée d’une pièce rectangulaire où se tient la cérémonie des travaux maçonniques. Dans ce lieu nommé temple par les francs-maçons, c’est à cet endroit que s’assoient les apprentis.
http://truthlurker.over-blog.com/article-5543083.html

[4] http://www.e-venise.com/shopping-tabarro-venise.htm
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mani_(prophète)
[6] http://maupassant.free.fr/pdf/horla.pdf
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 10:51

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La graine se meurt dans l'obscurité de la terre pour naître, d'aucuns diront renaître car la vie est un cycle, une prolongation, voire la continuité d'expériences cumulées qui par générations successives mènent les hommes à la perfection. La graine est la semence de l'homme et l'obscurité de la terre mère est celle du ventre de la femme où la vie prépare la naissance de l'être à une existence terrestre. Il appartiendra au vivant d'évoluer de par son instruction et sa volonté afin de prétendre prolonger l'œuvre des hommes dont il devra découvrir le sens en pardonnant les erreurs commises par ses géniteurs sachant qu'elles sont inévitables dans le parcours d'une vie et qu'elles permettent tout comme la réussite d'acquérir les connaissances nécessaires pour comprendre l'inconcevable et l'indicible. Tous trois apparaissent désormais dans cette cosmogonie limitée au champ des expériences terrestres, sous la forme des éléments terre- mère de par le ventre de la femme, père - eau de par le fluide vital qu'est le sperme de l'homme et enfant-feu de par la vie qui lui fut inspirée car sa vie lui est effectivement apparue quand il a inspiré pour la première fois l'air. Ce quatrième élément est indispensable non seulement à l'être mais également pour en assurer son existence. La farine végétale vient de la terre, il lui faut l'association de l'eau, du feu et du vent pour devenir pain, c'est la raison pour laquelle dans certaines traditions là où naîtra l'enfant sera nommé la maison du pain, Bethléem.  

Toute nourriture se trouvait dans les eaux, il en est encore ainsi pour le monde aquatique mais aussi d'évidence pour la gestation! En quittant les eaux, le règne animal allait évoluer et cette théorie de l'évolution tant décriée par les créationnistes n'est pourtant nullement en contradiction avec une spiritualité inspirée et probablement pas d'avantage avec la spiritualité révélée puisque les écritures se sont toujours accommodées d'interprétations et de gloses pour être en adéquation avec la réalité du monde lorsqu'il était devenu impossible de la nier. Cette mémoire est par ailleurs dans certaines traditions mystiques ou religieuses et de manière abusive et erronée, l'apanage de l'homme qui garantit la transmission du savoir en le révélant reléguant ainsi la femme au rôle de substrat de chaire destinée à la procréation mais exclue de la consécration de la vie qu'elle donne. (Jésus, fils de Dieu fait à l'image des hommes sera dit "fruit des entrailles de sa mère"). C'est évidemment bien là, le danger de prendre pour vérité ce qui est figé par l'écriture car tout raisonnement qui s'écarte de la raison s'épuise toujours dans l'interprétation qui ne suffit pas en vue de se libérer de cet héritage castrateur et machiste des religions révélées. En permettant aujourd'hui à la femme de participer aux offices religieux de traditions abrahamiques on a fait de la femme un autre homme pour n'avoir pas osé mettre en doute les obligations imposées par le texte et les rituels. En cherchant à s'accommoder d'interprétations on fait fi de toute évolution. Il restera toujours, hélas dans ce monde une part obscure qui est le refuge de ceux qui veulent des réponses faciles aux questions que d'autres leur ont insufflées, réponses qui se trouvent par une habile rhétorique dans la question elle-même. Cette forme de rétorsion est l'ouroboros du raisonnement en ce qu'elle se cache dans la forme affirmative suivie d'une explication qui vient corroborer l'affirmation sous forme de réponse à une question que nous nous serions jamais imposée sans qu'elle fut réellement suggérée. C'est une manipulation habile qui permet depuis plus ou moins vingt siècles de mener les hommes au combat et d'utiliser les femmes à produire les combattants, fruit de leurs entrailles pour le djihad, les croisades, ou la colonisation impérialiste au nom de terres sacrées ou de peuples élus. Voici l'exemple le plus incohérent et le plus connu de cette interrogation affirmative suivie d'une évidente réponse (notez que pour Edmond Jabes, au sein de l'évidence, il y a le vide), exemple pernicieux détruisant la curiosité nécessaire à toute recherche en canalisant le besoin de connaissance des hommes qui se transforme en la révélation du savoir absolu.

Question: Je crois en Dieu.

Réponse: tout puissant, créateur du ciel et de la terre.

Puisque l'homme sait, il n'est donc plus indispensable de chercher et voilà pourquoi toute science sera perçue comme dangereuse par les ecclésiastiques et leur hiérarchie et ce, jusqu'à ce jour mais revenons à la mémoire du sperme qui est le levain de l'humanité.

Cette nourriture du fluide est la mémoire du passé, certains diront des gênes, sorte de fondation, voire de creuset alchimique dans lequel le vivant fera de sa vie un travail empirique que ses connaissances enrichiront pour améliorer l'avenir de l'humanité au sens large.

Apparaissant à la vie tel un apprenti, il lui faudra comme Gulliver parcourir le monde qui est son espace d'expérience. En rompant le pain avec d'autres (cum panere = qui rompt le pain avec) c'est-à-dire avec ces compagnons, ils échangeront leurs connaissances sans se figer dans sa culture identitaire car il devra comprendre et admettre que d'autres aussi ont des valeurs et peuvent lui apporter la richesse de leurs cultures et de leurs mémoires. C'est alors qu'il sera pour la première fois confronté aux erreurs de ses parents et qu'il devra les admettre pour s'améliorer, quitter le carcan identitaire et s'élever, c'est-à-dire aller plus loin sur le chemin de sa destinée qui est le même pour tous les hommes. Interminable et toujours recommencé, ce travail de perfectionnement ne rend heureux que si on le comprend et que l'on comprend les erreurs du passé, celles des autres et les siennes, sans toutefois porter de jugement car les erreurs et les échecs ont servis à ouvrir la voie vers la vraie quête du savoir. L'enfant quittera son identité et ira vers ce qu'il prendra pour vérité comme s'envole vers la lumière le papillon libéré de son cocon. Ayant acquis la maîtrise de soi, c'est de manière autonome et libre qu'il retournera vers les siens sans chercher à s'aliéner à nouveau aux atavismes spirituels et culturels dont il se sera affranchi, puissent alors ses parents et ceux qui autrefois se reconnaissaient comme les siens accepter cet homme libre qui désormais est un maillon de l'humanité au sens large sachant désormais aucune religion ou nation ne dicteront désormais son comportement guidé par la beauté et la force de sa sagesse!

                                              Albert

Par Ducdame - Publié dans : SciViTe
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 10:47

 

Gulliver apparaissant
Au regard de tes parents
Bébé et même géant
Rêve de fécondité
Ils t'ont conçu puis nommé
En espérant et évoquant
L'ange Gabriel enfant.
            Albert

 

Par Ducdame - Publié dans : Courtes Lignes
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 07:44

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Tout d’abord merci à Chryst pour avoir initié ce débat sur Facebook

À l'origine, l'euthanasie (gr: ευθανασία - ευ, bonne, θανατ mort) désigne l'acte mettant fin à la vie d'une autre personne pour lui éviter l'agonie1.

Quand une décision est juste il lui faut un cadre légal.

Je pense qu’il n’y a pas dans la vie de sujet tabou et qu’il faut absolument que les hommes de bonne volonté s’entendent et décident démocratiquement de l’avenir et de l’évolution de leur vie commune et partant de la mort de leurs proches s’ils n’en ont pas décidés eux-mêmes et pour autant qu’ils en aient délégués le pouvoir à leurs proches ou à un organisme digne de confiance. Avec un bémol toutefois ! En effet, si la France avait été consultée le jour où Mitterrand fit interdire la peine de mort, celle-ci serait encore d’application aujourd’hui. Un excès de démocratie face à une évidente humanité explique pourquoi aux États-Unis, la peine de mort et le port d’armes sont encore admis. La solution serait à mon sens que le parlement retrouve son autonomie et que l’on fonde en France une VIème république réellement démocratiques où la séparation des pouvoirs soit réelle, qu’il n’y ait plus d’immiscions de l’état dans les médias, le monde des affaires, la justice etc… On ne peut débattre de choses importantes sous la pression de groupes d’intérêts et aujourd’hui la France est gangrénée par le lobbying d’état à tous les niveaux de pouvoirs médiatiques, financiers, économiques etc… Il faudrait auprès des instances dirigeantes de vrais experts désignés par la population pour apporter un avis sur des matières précises afin qu’ils puissent proposer la mise en œuvre de propositions que le parlement traduirait en lois. Peu importe le temps, cessons de courir et de nous faire un malaise vagal à chaque désenchantement dû à des décisions prises à la hâte. Un des derniers décrets gouvernemental fut de lever le contrôle sur les produits phytosanitaires utilisés par les agriculteurs en Bretagne sachant que cela entraîne la poursuite de la pollution par les algues vertes de la côte, c’est inadmissible mais que peut faire un parlement fantoche lorsque le pouvoir exécutif s’arroge tous les droits en vue d’assurer la pérennité de son gouvernement par une démocratie lobbyiste puisque cette fois il s’agissait de préparer l’électorat paysan à voter pour eux ?

Il me semblait utile de planter le décor d’une reconstruction de l’état afin de permettre d’aborder un thème qui concerne tous ses administrés et non seulement les dirigeants français car un changement réellement humaniste de cette société ne peut se réaliser que dans le cadre d’une véritable démocratie représentative et participative ! Et le débat sur l’euthanasie est certainement un débat essentiel et humaniste puisqu’il concerne tout un chacun. Il devrait donc pouvoir se passer dans la sérénité d’une société juste qui assure l’égalité, la liberté et l’égalité de tous les citoyens. Nous en sommes très loin aujourd’hui dans les pays autoproclamés démocratiques. La véritable question que je me pose dans ce monde dénué d’humanisme est : quelle sera l’influence des lobbies pharmaceutiques dans ce débat ? En effet, si la mort permet de vendre d’avantage de médicaments en vue de diminuer la souffrance des mauvais vivants face aux bons, il y a fort à parier que la plaquette de comprimés remplacera le canon d’autrefois et que les pilules salvatrices de nos souffrances ultimes feront office de balles pour les pelletons d’exécutions arbitraires à l’abri des regards dans les hôpitaux aux insuffisantes subventions.

Il est essentiel de permettre au vivant de faire le choix fut-ce par délégation. Je m'explique, lorsque quelqu'un décède en Belgique, il est admis de prélever les organes de la personne en vue d'une transplantation dans tous les cas où la personne concernée aurait fait une déclaration préalable à la commune (mairie) autorisant les médecins à pratiquer cet acte et, dans le cas où la personne n'a pas fait de déclaration préalable, lorsque la famille de la personne ne s'oppose pas à cette pratique médicale.

Je propose donc qu’un formulaire soit prévu pour toute personne majeure afin que celle-ci puisse déclarer s’en remettre aux bons soins de son entourage familial ou de tout autre personne de son choix ou même à ceux d’une équipe médicale qu’elle aurait nommément désignée en vue d’autoriser l’euthanasie dans les cas de souffrances inutiles lorsqu’il est admis que cette personne malade ou victime d’un quelconque accident est en phase terminale. Dans le cas contraire, il m’apparaît difficile de permettre l’euthanasie de manière légale. Il me semble également que tant pour le prélèvement d’organe que pour l’euthanasie les formulaires de consentement devraient être rendus obligatoires et repris dans une base de données qui ne laisserait aucun doute quant aux intentions de la personne concernée.

je pense qu'un cadre légal est indispensable car certains meurent sans entourage et c'est à ce moment-là que la loi des hommes justes et bons, pourrait leur permettre d'éviter d’inutiles souffrances.

                                                                                                                Albert

Par Ducdame - Publié dans : SciViTe
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Samedi 22 janvier 2011 6 22 /01 /Jan /2011 06:37

CLOVIS TROUILLE

La part d'âge dans la notion de partage est celle de la maturité affective, l'égoïste possession réciproque de l'autre pour définir l'union de deux êtres sous le statut de couple ne peut, sous prétexte d'Amour, fut-il sincère et partagé, occulter le monde qui nous entoure et l'humanité dont nous faisons partie. Sinon le réveil se fait dans le déséquilibre passionnel de l'intensité affective.  Alors, au creuset de la jalousie vis à vis de celui qui donne l'impression de mettre en danger le statut du couple que l'on croit s'être approprié ensemble, il faut amèrement constater que cela n'a d'unité que par la volonté individuelle de mettre en commun des sentiments distincts. On ne s'approprie jamais les sentiments des autres qu'ils reprennent quand ils le veulent et si parfois nous en perdons les faveurs c'est précisément parce que l'amour est partage et non fusion.

Albert 

 

 

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